Né de la rencontre bruyante entre un char d'assaut et une trousse de maquillage,
le petit Coverkill (~370 Kg à la naissance) a très tôt manifesté un malin plaisir
à brailler sur tous les tons. Enfant turbulent, il a de qui tenir :
lourdeur implacable, penchants naturels pour la démolition et un goût prononcé
pour l'extravagance. D'aucuns le crurent possédé par le Démon. Mais c'est ignorer
qu'en fait, celui-ci a bien d'autres choses à faire (comme aller se chercher
une paire de boules Quiès par exemple).
D'autres allèrent jusqu'à prétendre qu'il ne faisait rien que copier sur ses
(grands) camarades – parmi lesquels Lemmy, Maiden, Judas, Kreator, Manowar,
pour les garçons; Joan, Sepultura, Metallica pour les filles – et même que
ça ne s'arrangeait pas avec l'âge.
Mais là encore, c'est ignorer qu'il a juste laissé ses camarade de classe siffler
ses chansons à la récré en attendant qu’elles deviennent populaires...
Aujourd'hui, du haut de ses 7 ans, la demi-portion ne donne pas dans la demi-mesure
et fait pleuvoir les décibels partout où des oreilles complaisantes (à défaut d'être
pointues) traînent leurs hardis, et souvent imbibés propriétaires. Oui, Coverkill
ne chante pas (que) dans sa salle de bain mais aussi, et surtout, dans celle des autres.
Grandes ou petites, peu lui importe puisque tout le monde sait que ce n'est pas
la taille qui compte. Non, ce qui compte vraiment, c'est de voir vos cheveux
tournoyants, vos doigts tendus, vos langues tirées et vos yeux exorbités. Entendre
vos hurlements sauvages et le bruit de vos nuques qui craquent. Enfin, sentir
l'odeur de sueur et de bière qui colle au plancher après la bataille.